Jorge Pérez Troya 

Jorge Pérez Troya arriva à Paris début août 1942 avec deux guérilleros des groupes de Bordeaux. Son témoignage va compléter le résumé des opérations du 2ème détachement pendant le mois de septembre 1942 :

«À mon arrivée à Paris, je pris contact avec l'organisation qui m'affecta au 2ème détachement espagnol FTP-MOI. Pendant le mois de septembre 1942, je participais aux opérations suivantes:

a) Attaque contre un groupe de soldats allemands à Issy-les-Moulineaux.

b) Incendie d'une librairie de la Milice française.

c) Attaque contre un groupe d'officiers allemands rue de Vaugirard, près de la Porte de Versailles.

d) Protection armée d'une manifestation patriotique de la Résistance française devant les usines Renault à Boulogne-Billancourt. »

La dernière action qui est mentionnée dans le témoignage de Perez-Troya, est aussi la dernière qu'a effectué le 2ème détachement espagnol : « Le 30 septembre, nous lançâmes une bombe en plein milieu d'un défilé de la milice fasciste PPF, dans la cour de la caserne. Les fascistes eurent huit morts et six ou sept blessés. Dans cette opération, le guérillero Cagancho, de mon groupe, fut arrêté par la police. »

Sandalio Puerto dit de cette opération :

« Le commandant Olivier nous donna l'autorisation de l'opération et nous dit que le commandement considérait que cette action était nécessaire sur le plan militaire et politique... »

le rapport note :

« Le 30 septembre, à huit heures, trois guérilleros espagnols armés de pistolets et de grenades, lancèrent l'une d'elles contre un groupe de miliciens de Doriot pendant le défilé dans la cour de la caserne. La grenade éclata en plein milieu du groupe, tuant huit miliciens et en blessant d'autres. Pendant le repli, un des guérilleros Emilio Fernandez Cagancho, tomba dans les mains des poursuivants.»

Emilio Fernandez résista à l'« interrogatoire » et à la torture. C'était la deuxième victime de la série noire qui décima, fin septembre et début octobre, les rangs du détachement espagnol. Sandalio Puerto avait été arrêté par la police avant Fernandez. Quelques jours après, ce fut le tour de l’Américain et, le 15 octobre, Perez-Troya. Ce dernier avait été dénoncé par la concierge de la maison qui abritait du matériel de propagande.

Dans la grande rafle du mois de novembre, tombèrent Montero et trois guérilleros du détachement espagnol. Emiliano Fernandez, Sandalio Puerto, Jorge Perez-Troya y Montero passèrent sous juridiction allemande et furent déportés en 1943 au camp d'extermination de Mauthausen.
 

Extrait de l'ouvrage "Guerilleros en terre de France"
Edition le Temps des Cerises
6 avenue Edouard Vaillant
93500 Pantin
 
 

Retour à la page d'accueil