
Jean Arthur Belloni est
né à Monclar d’Agenais (Lot et Garonne) le 23
décembre 1896. Son père, Michel, est coiffeur et sa
mère, Anne David, est tailleuse de robes. Il reprend le
métier de sa mère et devient tailleur d’habits, d’abord
chez Galinou puis chez Caminade, grand couturier de Villeneuve. Il
n’est pas mobilisable en 1914 à cause d’une infirmité. Le
10 janvier 1920, il épouse Marguerite Varlot qui avait fui
Amiens en 1917 à cause des bombardements. De leur union
naît Jeannine le 30 avril 1926. Ils résident alors
à Villeneuve-sur-Lot. Dans les années 1920, Jean Belloni
est trésorier de la cellule et du rayon communiste de
Villeneuve-sur-Lot et de la société sportive «
Avant-garde Villeneuvoise ».
Dès 1940, il
s’engage dans la lutte clandestine en distribuant des exemplaires de
l’Humanité clandestine. Le groupe de résistants auquel il
appartient comprend son ami Gaston Cavaillé ainsi que Germain
Marlas, Oswald Demeurs et Jean Delrieu. En mai 1941, suite à la
diffusion d’un numéro de l’Humanité portant des
accusations à l’encontre du Commissaire de police de Villeneuve,
une enquête judiciaire est ouverte. Le 15 juin 1941, à la
suite d’une dénonciation, la gendarmerie de Villeneuve
interpelle Jean Belloni et ses quatre camarades.
Il comparaît le
21 juin 1941 devant le Tribunal de Première Instance d’Agen puis
est interné du 15 au 18 septembre 1941 à la prison de
Toulouse. Il est présenté le 27 septembre devant le
Tribunal militaire de Toulouse qui le condamne à cinq ans de
travaux forcés le 6 novembre 1941 pour activité communiste .
Jean Belloni est
ensuite transféré à la maison d’arrêt de
Tarbes le 8 décembre 1942 puis à celle d’Eysses le 15
octobre 1943. Suite à l’insurrection des patriotes
détenus dans cette centrale, il est livré avec les autres
détenus aux autorités allemandes le 30 mai 1944.
Jean Belloni est
déporté le 20 juin 1944 au camp de concentration de
Dachau sous le matricule 73070 ; il est affecté au commando des
tailleurs. Il est rapatrié de ce camp le 17 mai 1945 mais
décède des suites de sa déportation le 10
août 1947 à Amiens.
La mention « Mort
pour la France » a été inscrite en marge de son
acte de décès le 11 avril 1949. Le titre de déporté résistant lui a
été attribué à titre posthume par
décision en date du 4 février 1986.
Sources : Archives
départementales du Lot-et-Garonne, 1W192 – Archives de la
justice militaire, Le Blanc – Bureau Résistance, Vincennes
(dossier nominatif) – Bureau des mentions, Val de Fontenay (dossier
nominatif) – « Mémoires » de Jean Belloni, 1941-1943
– Témoignage de Jeannine Lapeyre née Belloni, 1990 –
Témoignage de Marguerite Belloni, 1994 – Archives de
l’Association Généalogique des Familles Bourrée et
Lapeyre (AGFBL) – Archives de l’Amicale d’Eysses et de l’Amicale des
anciens de Dachau.
Fabrice Bourrée